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Belgique, ô la vieille chérie … le jeu dont nous sommes les suppots .

mardi 10 juin 2008, par Eric Jadot, Michel Recloux, Olivier Starquit

L’avenir est incertain. Mais quoi qu’il arrive, il faut penser aux gens, à leur bien-être, à leur vie, avant de penser aux institutions. On peut fantasmer sur le futur de notre pays mais on ne doit pas perdre de vue le reste du monde.

Il y a 178 ans, la Belgique n’existait pas. Qui peut nous faire croire que dans 178 ans, elle existera toujours ? Personne, bien évidemment. Tout passe, tout lasse, tout casse.

Pour l’heure, on peut parler de la Belgique comme d’une famille qui a du linge sale à laver. C’est peut-être là que le bât blesse. C’est peut-être parce que l’on se voit comme une famille qu’on ne choisit pas, c’est bien connu, mais qu’on subit. Ah, les frères, les sœurs, les tantes, les "vieux", ... Sa famille, il faut faire "avec", ... jamais "sans". Ses amis, au contraire, on les choisit, on les choie, on les écoute, on discute, on se dispute, on se réconcilie. Ne serait-il pas temps pour la Wallonie, la Flandre, les Bruxellois et les Germanophones de Belgique de cesser d’être une famille pour devenir des amis ? De considérer la Flandre non plus comme une grande sœur un peu autoritaire mais comme une bonne copine avec laquelle la Wallonie aurait une relation basée la confiance plutôt que sur de sombres marchandages de frontières familiales ?

Imaginons ...

Première suite

Telle fut la velléité exprimée alors. Ils devinrent amis mais cessèrent de se voir. Ils ne gardèrent en commun que les relations extérieures, la dette, le foot, l’intérieur, la défense. Mosquito, centimes, centres-avant et centres fermés. Cette amitié consommée et consumée,il leur restait à décider qui envoyer au parlement européen : combien de Néerlandophones, de Francophones ? Fallait-il sacrifier l’élu germanophone ? Et dans un élan de pragmatisme qui les caractérisait encore de temps à autre, décision fut prise d’envoyer dans le camembert européen le gouverneur de la banque nationale.pour y représenter tous les Belges dissous non dans l’aspirine mais dans l’euro … et là...

Deuxième suite

De cette scission naquit une reconnaissance du monde, du seul monde qui existe, le nôtre, celui de tous les êtres vivants. C’est quand quelqu’un disparaît qu’il nous manque vraiment. Alors ils décidèrent, enfin, de partager. Mais de tout partager et avec tout le monde. Fini les guerres, fini les famines, fini la tristesse. La fin de la Belgique fut la pierre blanche qui marquât le début d’un bonheur mondial … et là...

Troisième suite

Constitution d’un énorme territoire à facilités multiples. La Belgique est mise sous-cocon par l’Europe, en tout cas le temps que les institutions aient pu déménager et que Mittal ait fait son beurre. Les supputations vont bon train pour savoir qui sera repreneur… Côté wallon, le Standard intéresserait la France, mais le PS français n’imagine pas mettre du gros rouge dans sa rose. La Flandre, consciente du risque imminent de montée des eaux, se fait championne des politiques migratoires innovantes et altruistes. Le pèlerinage de l’Yser se fait en barques… Bruxelles proclame son indépendance, tout comme la communauté germanophone… Tout semble partir à vau-l’eau…. quand surgit Yves Leterme, terrassant Dewever et Maingain d’une seule traite ! Il est accueilli tel un sauveur sur une Grand-Place en délire … et là...

… et là...

Le réveil sonne, on sursaute… aux infos, la crise est bien réelle au Soudan.

P.-S.

Dans le cadre du dossier "Pas d’avenir 100 projets" du Soir sur la Belgique, publié le mardi 10/06/2008

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